Posted: Mon 5 May - 13:45 Post subject: La peinture
Certains n'aiment pas la peinture du XIXème car ça n'est que des bourgeoises grasses et nues étalées sur des canapés ou des lits, attendant leurs amants ou on ne sait quoi ou qui, et qui n'ont rien d'autre à faire (tandis que les travailleurs travaillent jusqu'à ce qu'ils en crèvent ; elles aussi travaillent, à chacun sa façon de donner son corps.) Au moins on sait ce que font ces femmes oisives qui ne font qu'ouvrir les cuisses (paresseuses, c'est une question de point de vue, un point de vue très masculin : « c'est moins fatiguant d'ouvrir la bouche que de tendre le bras »)
Certains n'aiment pas la peinture classique parce que ça n'est que des déesses nues, étalées sur l'herbe, entourées de petits angelots qui batifolent (et des benêts en armure qui posent en feignant de montrer qu'ils sont importants.) D'autant que ces déesses ne sont en réalité que les mêmes bourgeoises – ou des femmes de cour (ce sont elles qui ont inspiré les peintres, pleins de désirs coupables et inavoués pour leurs formes replètes, qu'ils ne peuvent se « payer » étant donné leur rang). La peinture du XIXème a au moins le mérite de la franchise.
Certains n'aiment pas l'art pictural moderne parce que ne sont que des tâches, des flaques, des formes géométriques nées de la masturbation intellectuelle d'esprits obsédés par l'idée de créer ce qui ne s'est encore jamais fait, partageant cette préoccupation avec les publicitaires, les hommes politiques et les responsables de marketing.
Certains n'aiment pas la peinture parce que ça pue l'huile de lin, le vernis brillant, les galeries pour spéculateurs friqués en mal de placement, les cocktails mondains les soirs de vernissage où des pétasses en robes de soirée viennent faire semblant de s'extasier devant des trucs où elles ne comprennent rien, où il n'y a rien à comprendre.
J'aime les femmes nues et grasses, les petites aquarelles légères, les belles couleurs, l'odeur du bois et de la féminité. Je déteste les mondanités, les nouveautés bidon et stupides. Je sais que l'homme est homme et le restera toujours, et c'est bien comme ça. _________________ Christophe
---
"Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole"