Posted: Sun 4 May - 15:58 Post subject: mouvement.
dédicace à gaston.
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Il n'y a pas de calme dans le monde. Tout le calme est faux. Il n'y a pas d'endroit calme dans le monde. D'abord, les millimètres du corps, chaque millimètre du corps, fait mentir l'idée de calme.
Je suis un corps.
Par cela, je ne suis pas disposé,
JAMAIS
à ne pas porter en moi un flux, vivre avec un flux
accidentel
brusque
ayant des crises
avec d’innombrables possibilités de fièvres.
L'idée de calme est un mensonge. La paix est une guerre comme une autre. La pression artérielle et la montée du sang au coeur en témoignent. Je ne saurais me montrer sans mes organes. Le vent, et la voile qu'il agite, n'apportent rien d'autre auprès de moi qu'une danse, une danse de plus, qu'elle soit improvisée ou
construite.
Les particules en direct du soleil : des musiques, se chargent de transborder explosions sourdes, centrifugeuses, circulations aux carrefours de tôles froissées,
que nous,
à force de techniques sophistiquées d'abrutissements,
prenons pour air et vêtements, gants de soie. Pensant et dirigés à penser à une bien pauvre mesure la vie, sans glissements de terrains ni noires attitudes de matière, sans horreurs, horreurs fantastiques et révélations grotesques, l'homme dort, mort, dans une cave.
L'obscur des caves n'a pas réussi à me tromper. Dans toute architecture ne se voit que trop distinctement comme la matière se cabre et va bientôt reprendre ses révoltes de matière, car l'oeil, le fond de l'oeil, trahit la structure et mange, demande de plus en plus à manger, puisque l'oeil alors s'apprête lui aussi à se lever, en dehors de la cave avec ses amies les pupilles, comme je dirais se lève le vivant décontaminé, et mange et ne digère plus, le ventre malade de l'oeil va recracher des morceaux entiers, de briques de caves vicieuses et pleines de la semence et des concupiscences accumulés en défense et renforcement du dedans, le ventre de l'oeil attrape l'indigestion et dès lors va vriller dans toute la cave et se cogner contre les murs, et dès lors il y aura du sperme qui va proprement dévoré l'intérieur de l'oeil, et ne le laisser en repos qu'occasionnellement, lorsqu'une douceur intégrale voudra bien s'approcher
s'approcher doucement
et faire les gestes voulus
méthodiques et protecteurs
mais elle repart déjà
elle repart la douceur
dès lors qu'elle est venue
la douceur va repartir
et laisser l'oeil sur place
versant des larmes qui pénètrent son ventre et réanime le sperme et tout ce vice
et tout recommence l'oeil reprend la lutte là où il l'a laissé
la douceur, de toute façon, fait partie de la lutte. La cave est décidément trop dégueulasse, pue trop. Le grossier mensonge des formes fixes ne prend pas, l'oeil vit et voit ailleurs, son empire désormais
c'est la lutte. La lutte contre la cave.
Et le vent souffle régulièrement sur les champs, les champs de blé, qui ne se sont pas arrêtés eux de lutter, malgré l'apparente tranquillité et les caresses du vent, et qui n’
qui n'embaument
que le terrible mouvement larvé bien que l'esprit, mon esprit, veuille convaincre l'oeil et moi de l'apaisement, par l'image du champs de blé,
mais cet apaisement même est l'autre facette du mouvement terrible, celle là qui ne tremble pas, du moins apparemment pas, l'autre facette-menace, ainsi
j'ai beau coucher mon beau cadavre de pensées dans le champs la vie tressaute, l'esprit la pensée sont mouvements et sont ainsi déchirés d'éclairs, d'éclairs d'orages, sans cesse. Le champs de blé est un orage, avec le vent, les couleurs jaunes, l'instant n'a aucun moyen de ne pas être un orage,
seul nous
nous sommes convaincus et hantés, possédés jusqu'à la moelle,
de vivre en intermittence d'orage
que l'orage est une intermittence,
que l'orage n'existe pas.
Ayant préalablement pris soin de fermer astucieusement tous les robinets du corps, de l'esprit, de la pensée, ayant réduits le corps, l'esprit, la pensée, à ne plus bouger, le corps, l'esprit, la pensée, se tarissent et s'effritent séparément, cependant le rire est énorme diabolique, je l'entends parfois et il me serre le coeur, me le gifle de coups de poings bien sentis :
en fait de s'évertuer à faire des cadavres, c'est de la cendre qui va pourrir au vent et ne qui ne pourra absolument pas empêcher
QUOIQUE CE SOIT
d'arriver
d'évoluer
de régresser
d'être un mystère ou une apocalypse peu importe
un orage, une paix
en toute violence,
d'être.
Et par la possession nous ne ferons de nous qu’être cadavres, et non pas cesser l'être en pérpétuel bouillonnement d'être, aisément reconnaissable, que ce soit d'une ouverture soudaine de la conscience ou de la gorge, la preuve par ce texte, qui se conçoit comme une brèche ou un simple cri dans le vide nécessaire, bref un risible petit touche-pipi d'orage;
ce n'est pas penser ni poétiser que de VOULOIR sortir de la prison de cadavres, cette cave des fornications, entre deux barreaux où l'a aperçu l'étrange déformation, BIEN PLUS NATURELLE QUE TOUT LE RESTE, d’un paysage quelconque.
Posted: Sun 4 May - 21:15 Post subject: mouvement.
je dirais rien de subjectif, on va dire que c'est à cause de la dédicace sinon, mais tout ce que je peux dire c'est que, contrairement aux textes du général, celui là je l'ai lu en entier sans changer de site en plein milieu _________________ [Too bad... it woud have been nice if my capture lasted a little longer...]
Ichimaru Gin
Posted: Sun 4 May - 21:45 Post subject: mouvement.
Quote:
Je suis un corps.
Par cela, je ne suis pas disposé,
JAMAIS
à ne pas porter en moi un flux, vivre avec un flux
accidentel
brusque
ayant des crises
avec d’innombrables possibilités de fièvres.
Je ne suis pas sûre de l'emploi du 'ne pas' et pour le sens et pour le rythme.
Je bloque sur cette partie là du texte - je ne retiens que lui _________________ La persévérance douloureuse
Dans la plus lucide erreur de langage -
Jean Rousselot
Posted: Sun 4 May - 22:13 Post subject: mouvement.
Kwizera wrote:
je dirais rien de subjectif, on va dire que c'est à cause de la dédicace sinon, mais tout ce que je peux dire c'est que, contrairement aux textes du général, celui là je l'ai lu en entier sans changer de site en plein milieu
Comment ça tu changes de site en plein milieu de la lecture de mes textes ? Ce n'est absolument pas nécessaire, et même contraire à l'importante attention que tu dois leur porter.
Posted: Sun 4 May - 23:58 Post subject: mouvement.
L'image de ce champs, de ce champs accueillant
de blés
s'impose à moi en dictame
parsemé de coquelicots, rares, en bordure.
Cependant
que ferais-je une fois couché
de mon corps
dans ce champs, ce champs de blé
bien accueillant, bien imposé,
où irai-je ficher mes yeux ?
et mon corps, que deviendra-t-il, croyez-vous
qu'il trouvera le repos ?
Mais le repos, il le trouve déjà, toute la journée.
Non, un corps, dans un champs
ne peut que se réveiller
et se réveiller encore
à cause du sol.
Et d'un détournement d'espace.
Ce ne sera qu'un leurre, évidemment, un leurre du champs
un leurre parfait jusqu'au bout des épis de blés.
Réveil toc-toc, réveil absent
du corps là
loin du reste loin de
tout. Toc-toc
fait le soleil. J'ouvre :
du vent ! Toujours du vent !
Et du à-voir, et du à-sentir ! Toujours !
Mais le corps ne veut ni d'à-voir, ni d'à-sentir;
le corps veut voir, et sentir.
Couché comme ça dans la terre, agité de faux réveil,
qu'y gagnera-t-il ?
Je suis un corps et
qui ne demande qu'à être logé,
mais cette demande signe sa mort
à chaque instant, bien découpé.
Demander même, signe une maladie, une misère,
et non autre chose.
Le sort est trop fort, lancé trop puissamment
par tant de capitales, pour une seule et même geôle.
Posted: Tue 6 May - 09:21 Post subject: mouvement.
j'aime beaucoup, voyage inquiétant et fantastique, si proche de nous
le coeur demande à battre, de ce coeur d'autres coeurs à naître _________________ salut