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Juliet
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Joined: 20 Sep 2007 Posts: 610
Localisation: France
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Posted: Mon 17 Mar - 23:39 Post subject: Jacques Roubaud - Quelque chose noir |
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Dialogue
Je n’ai jamais pensé à un poème comme étant un mono-
logue parti quelque part de l’arrière de ma bouche ou de
ma main
Un poème se place toujours dans les conditions d’un
dialogue virtuel
L’hypothèse d’une rencontre l’hypothèse d’une
réponse l’hypothèse de quelqu’un
Même dans la page : la réponse supposée par la ligne,
les déplacements, les formats
Quelque chose va sortir du silence, de la ponctuation,
du blanc remonter jusqu’à moi
Quelqu’un de vivant, de nommé : un poème d’amour
Même quand l’omission, l’indirection, l’adresse prono-
minale rendent possible cette translation : qu’un lecteur
soit devant la page, devant la voix du poème comme au
moment de sa naissance
Ou de sa réception : lecteur lecteur ou lecteur
auteur
Ce poème t’est adressé et ne rencontrera rien _________________ La persévérance douloureuse
Dans la plus lucide erreur de langage -
Jean Rousselot
Last edited by Juliet on Mon 21 Apr - 22:22; edited 1 time in total |
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Juliet
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Joined: 20 Sep 2007 Posts: 610
Localisation: France
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Posted: Mon 21 Apr - 22:21 Post subject: Jacques Roubaud - Quelque chose noir |
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C.R.A.Pi.Po.:
Composition Rythmique abstraite
pour pigeons et poètes
J'étais assis sur le banc, encore mouillé, au soleil.
Les nuages se lançaient, ombre en avant, sur l'herbe,
vers les sept peupliers anglais.
Je te voyais, à la fenêtre, debout, nue, avec du soleil.
Je te regardais. le sombre. le noir.le noir rangé sur le
point vivant. de ton ventre.
Je tapais du pied sur l'herbe. les douze pigeons s'éle-
-vaient d'un mètre puis se posaient.
Je tapais du pied sur l'herbe. les douze pigeons s'éle-
-vaient d'un mètre puis se posaient.
Je tapais du pied sur l'herbe. les douze pigeons s'éle-
-vaient d'un mètre puis se posaient.
Je te regardais. le sombre. le noir. le noir posé épais sur
le point. vivant. de ton ventre. j'étais assis sur le banc,
encore mouillé, au soleil. les nuages se lançaient, ombre
en avant, dans l'herbe. vers les sept peupliers anglais.
Je tapais du pied sur l'herbe. les douze pigeons s'éle-
-vaient d'un métre puis se posaient. _________________ La persévérance douloureuse
Dans la plus lucide erreur de langage -
Jean Rousselot |
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Juliet
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Joined: 20 Sep 2007 Posts: 610
Localisation: France
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Posted: Fri 25 Apr - 19:33 Post subject: Jacques Roubaud - Quelque chose noir |
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Je ne peux pas écrire de toi
Je ne peux pas écrire de toi plus véridiquement que toi-
même.
Ce n'est pas que je n'en sois pas capable par nature, mais la
vérité de toi, tu l'as écrite.
Et parce que tu écrivais pour n'être lue que morte, par-
-ce queje l'ai lue, toi morte, et fais mienne, cette vérité
est la plus forte de toutes.
Je ne pourrai pas aller au-delà.
Ce que je détiens de toi, et qui me concerne seul, n'est
pas de l'ordre de la vérité mais de la physique :
Toucher de genoux à front, goût de biè qu'à moi, sur la langue,
parfum aux brans, dessous, vue et voix, de loin, m'em-
brasent : circuits qui ne s'oblitèreront pas, pas encore.
Cela n'est qu'à moi, et pour cause.
Je n'écrirai de toi que de ma propre hauteur.
Ou bien je m'allonge et fais ombre. _________________ La persévérance douloureuse
Dans la plus lucide erreur de langage -
Jean Rousselot |
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